Communication-CNRS-FAM118B

FAM118B et FAM118A : de nouvelles sirtuines d’origine bactérienne, filamenteuses, au cœur des cellules humaines

Publié le 28 janvier 2026

FAM118B, initialement découverte dans les corps de Cajal — structures nucléaires impliquées dans la distribution et l’organisation des facteurs nucléaires — est caractérisée dans cette étude, aux côtés de son paralogue FAM118A, comme une nouvelle sirtuine humaine.

Les sirtuines constituent une famille des enzymes consommant le NAD⁺ et régulant de nombreux processus cellulaires. Présentes dans tous les domaines du vivant, elles sont au nombre de sept chez l’humain. Cette étude identifie FAM118A et FAM118B comme deux membres humaines supplémentaires, proches des sirtuines bactériennes par leur structure et leurs propriétés — faisant de ces protéines de véritables “fossiles moléculaires”, ayant peu divergé depuis leur ancêtre bactérien.

FAM118B et FAM118A forment individuellement des filaments homogènes, une caractéristique partagée avec les sirtuines bactériennes impliquées dans la défense contre les phages, même si leurs mécanismes de polymérisation diffèrent. Bien que FAM118B et FAM118A présentent une faible activité enzymatique lorsqu’elles sont isolées, leur association synergique déclenche une forte consommation de NAD⁺, révélant un mécanisme coopératif fondé sur la formation de filaments hétérogènes dans les cellules.

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FAM118B est localisée dans le noyau. Son oligomérisation, souvent transitoire, conduit à la formation de foci nucléaires. La structure obtenue par cryo-microscopie électronique révèle une organisation des protomères en tête-bêche qui stabilise le filament.


Cette étude s’appuie sur un ensemble de techniques complémentaires : cryo microscopie électronique, biochimie, microscopie et diverses formes de spectroscopie de fluorescence in cellulo, analyses fonctionnelles en cellules humaines. Elle résulte d’un effort collaboratif international réunissant des équipes d’Orléans, Oxford, Rennes, Paris, et Croatie, avec Domagoj Baretić et Sophia Missoury comme co-premières auteurs.

En combinant des approches in vitro et in cellulo, ces travaux mettent en lumière une nouvelle fonction des sirtuines humaines, à l’interface entre structure nucléaire et métabolisme, et ouvrent des perspectives pour mieux comprendre leur rôle dans la santé, l’immunité et la régulation cellulaire.

L'article dans Nature Structural & Molecular Biology

L'article sur HAL.