Impact des pesticides sur la biodiversité

Jean-Marc BONMATIN

Descriptif du travail de recherche

Les travaux de Jean-Marc BONMATIN se situent à l’interface de la chimie, de la biologie et de la toxicologie. Ils portent principalement sur :

♦ la mesure des expositions aux molécules xénobiotiques (particulièrement les pesticides agissant au niveau du système nerveux central)

♦ l’élucidation des mécanismes d’action de ces molécules et de leurs effets sur les organismes vivants. La combinaison de ces deux approches par un nouveau modèle validé lui permet alors l’identification et la quantification des risques éco-toxicologiques.

Deux principales classes d’insecticides ont fait l’objet d’études intensives dans le cadre de divers programmes communautaires visant à protéger l’abeille : Les néonicotinoïdes et les phénylpyrazoles. En développant de nouvelles techniques analytiques les plus sensibles (GC/LC-MS-MS), Jean-Marc Bonmatin et ses collaborateurs ont démontré que ces insecticides contaminent les pollens et les nectars. Ils ont aussi montré que l’exposition chronique à de très faibles doses génère chez l’insecte des effets létaux significatifs, ainsi que des effets sublétaux non moins importants, sur la reproduction notamment.

Pour une vision plus globale de cette problématique liée aux insecticides, Jean-Marc Bonmatin a participé à la création d’un groupe d’experts indépendants (22 pays), la Task Force on Systemic Pesticides (TFSP) dont il est vice-président. La TFSP a publié la première méta-analyse détaillée sur le sujet en 2015, puis mise à jour en 2017. De cette méta-analyse compréhensive, il est apparu que de tels insecticides systémiques contaminent tous les compartiments de la nature (sol, eau, plante, air) et qu’ils nuisent gravement à l’ensemble des pollinisateurs, et plus généralement à la biodiversité (l’impact concerne en premier lieu les invertébrés terrestres et aquatiques, ainsi que les vertébrés insectivores).

Dans ce contexte, Jean-Marc Bonmatin participe à l’évaluation des risques émergents, en tant que membre de comités d’experts nationaux (suivre les liens : Ministère de l’Agriculture, Institut de l’abeille, ANSES) et internationaux (suivre les liens UICN, IPBES, OCDE et vice-Chair of the TFSP).